Comment s'en sortir ?

Il faut pouvoir en parler. Le problème c'est que lorsque l'on aborde le sujet, beaucoup de personnes fuient la conversation. Il faut reconnaître que quand on parle de la mort d'un enfant, ça met mal à l'aise son interlocuteur.
C'est dur de ne pas pouvoir raconter le drame que l'on vie, on a envie de le crier et en même temps on n'ose pas en parler pour ne pas mettre les autres mal à l'aise.
( C'est un peu pour cela que j'ai créé ce site et si vous avez aussi vécu un drame, vous pouvez vous racconter sur le livre d'or, ça soulage et on se rend compte que l'on est pas seul)

Il faut aussi supprimer tout sentiment de culpabilité du genre "est-ce qu'il avait bien fait son rôt après le biberon, n'avait-il pas le nez bouché, etc..."
Pour cela l'assistance d'un psy peut-être utile, les services spécialisés dans des hôpitaux sont aussi d'une aide précieuse, nous y avons rencontré des gens qui ont su nous écouter et nous expliquer l'incompréhensible.

Il existe des associations, comme Naître et Vivre, qui organisent des rencontres entre parents qui ont perdu un enfant de MSN, nous avons participé à une de leurs réunions et c'est intéressant de pouvoir partager ses sentiments avec d'autres parents qui ont vécu le même drame.

 

Un autre enfant.

Depuis nous avons eu un autre enfant. Ce n'est surtout pas un "remplaçant" mais parce que la vie continue.
Quand on nous demande le nombre d'enfants que nous avons, j'ai toujours envie de répondre : trois.
Nous ne l'avons pas suivi par "monitoring" parce qu'il paraît que c'est trop stressant, l'appareil pouvant se déclencher trop facilement. La première année a été angoissante et pendant longtemps nous allions dans sa chambre pour voir s'il respirait normalement.

 

Comment vivons nous maintenant ?

On pense à Florent tous les jours, heureusement, nous formons un couple très uni et on a pu se soutenir l'un et l'autre.

Je me suis rendu compte que la vie peut basculer rapidement et j'ai du mal à faire des projets. Je ne pense plus "on va faire ça" , mais "si on peut, on fera ça". Personnellement je vis au jour le jour, j'évite de penser à l'avenir. Ce n'est sûrement pas moi qui ferais des projets pour ma retraite !

Je sais que je ne serai plus jamais heureux : dès qu'il m'arrive quelque chose de positif dans ma vie, je pense aussitôt à cette soirée du 16 février pendant laquelle on se répétait que tout allait bien et plutôt que d'être content, c'est l'effet inverse qui se produit.
Chaque fois que je me sens bien, je repense à ça et la mélancolie m'envahie.

Pour m'en sortir, je regarde autour de moi et je constate qu'il y a beaucoup plus malheureux que moi, qu'il y a des tas de gens qui souffrent. Florent s'est éteint dans son sommeil, calmement, sans bruit. Il et à été heureux pendant son bref passage chez nous.